Le 9ème congrès mondial de psychologie positive a eu lieu à Brisbane en juillet dernier. L’organisation assurée par Dianne Vella-Brodrick et son équipe a été parfaite. La destination a fait que la délégation européenne était particulièrement réduite. J’étais l’un des seuls français présent. J’y ai été invité par l’organisation pour donner une conférence (keynote). Cela a été un très grand honneur parce que je suis le premier français à avoir été invité pour ce type de communication. Le contenu de ma conférence était en continuité avec le contenu de l’ouvrage publié avec le Professeur Cyril Tarquinio en septembre 2024, Psychologie positive des activités physiques et sportives, publié chez Dunod. Autrement dit, il a été question des liens entre activité physique et ressources psychologiques, santé et bien-être tout en en relativisant les effets en mentionnant les limites et les risques. A l’heure où, un an après les Jeux Olympiques de Paris, il y une forte tendance à idéaliser les bénéfices du sport, il convient aussi d’alerter l’opinion publique sur le fait que les choses ne sont pas si simples. Cela a d’ailleurs fait l’objet d’un article dans The Conversation (https://theconversation.com/sante-mentale-des-athletes-le-revers-de-la-medaille-apres-les-jo-262881). En revanche, la promotion de l’activité physique me semble bien plus opportune, en pensant bien évidemment aussi à la qualité du travail accompli par les enseignants d’éducation physique et sportive qui sont souvent oubliés dans les débats.
Au-delà de cette fierté personnelle, le congrès de Brisbane a été interessant parce qu’il y a eu un équilibre intéressant entre des chercheurs confirmés à l’instar de Barbara Fredrickson ou Tayyab Rashid, et des chercheurs largement confirmés mais qui n’avaient jamais été entendus lors de ce congrès comme Mohsen Joshanloo ou Chiara Ruini ou moi bien-sûr. La communication de Mohsen Joshanloo nous a tous alertés sur les précautions indispensables lorsque nous lisons les résultats d’études comme celles qui traitent de différences de niveau de bien-être ou de bonheur entre les nations. En effet, il a soulevé des problématiques extrêmement importantes en termes de méthodologies statistiques qui faussent les résultats de nombreuses études. Ses propos ont été particulièrement convaincants et appellent à la prudence lors de la lecture des publications. Autrement dit, à l’instar des recommandations de Bouvet (1997) « Un scepticisme de bon aloi est toujours recommandé » (Du fer dans les épinards et autres idées reçues, Seuil).
Ce congrès a été l’occasion d’un passage de témoin entre Roy Baumeister, Président de l’IPPA de 2023 à 2025, et Dianne Vella-Brodrick qui est maintenant la Présidente en exercice. Comme le veut le fonctionnement de l’IPPA, un vote a permis d’élire le prochain Président qui prendra la suite de Dianne en 2027 à l’issu du prochain congrès de l’IPPA. Tayyab Rashid a été élu. Il est l’un des grands spécialistes mondiaux en matière de psychothérapies issues des travaux dans le champ de la psychologie positive. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et a réalisé de nombreuses études qui ont été publiées. Avec Dianne et Tayyab, il est aisé d’envisager un rapprochement entre les deux associations, mondiale et européenne, tout en vigilant quant au fait que chacune garde son identité.
Deux échéances se profilent maintenant. Tout d’abord, il y aura le prochain congrès organisé par l’Association Française et francophone de Psychologie Positive présidée par Elisabeth Grimaud Ph.D. depuis juin 2025. Ce congrès aura lieu à l’Ecole de Psychologues Praticiens de Paris, 23 rue du Montparnasse à Paris début juin 2026. La seconde grosse échéance est le congrès européen, ECPP qui aura lieu à Dublin du 1er au 4 juillet 2026. Le site est déjà ouvert. Il est à la fois possible de s’inscrire à tarif préférentiel et de soumettre des communications, orale, affichée ou symposium. A cette occasion je céderai mon poste de Président de l’European Network for Positive Psychology après un mandat de deux années. La ligne éditoriale donnera au corps la place qu’il mérite parce que très souvent, il était possible d’imaginer des individus désincarnés, comme si tout se passait dans la tête or une approche holistique est indispensable afin d’ouvrir aussi les modalités d’intervention dans les champs de l’éducation, du travail, de la santé ou du coaching. Il s’agit par ailleurs de replacer les individus dans leur contexte général et de passer d’une vision de type prêt-à-porter à une vision qui soit plus sur-mesure. En matière de recherche, cela pourrait se traduire par la complémentarité entre des études randomisées-contrôlées et des études qualitatives devant permettre à la fois d’identifier les lois générales mais aussi la variabilité interindividuelle. Si cette approche vaut pour la recherche, elle vaut aussi pour l’éducation en général, dans les différents champs. C’est de cette variabilité dont il est souvent question dans les conférences que je peux donner ou dans les formations que je peux assurer.
De nombreux défis sont à relever au-delà des approches holistiques qui viennent d’être mentionnées. Je pense en particulier à ce que la psychologie positive pourrait apporter aux individus ou à ses contributions aux politiques menées aux niveaux national ou international. Le prochain ouvrage de Jacques Lecomte devrait être une contribution forte. On ne peut malheureusement que constater le fait que la psychologie positive a du mal à infuser dans le quotidien des personnes.
D’ici là, je vous souhaite à tous d’excellentes lectures en attendant l’ouvrage de Jacques Lecomte, ou mes quatre prochains ouvrages :
A bientôt !
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